Etape 5: Ballycurane-Cloghane (le jour où je suis devenu l’homme à la veste rouge)


Posté le 7 juin, dans Non classé, Trek. Pas de commentaires

Je profite du long trajet en bus qui doit m’amener à Galway pour reprendre mes notes des jours passés. Maintenant, c’est le tour du passage de la Connor Pass, une journée bien partie pour rester comme la plus épique de ce séjour.

Mardi 7 juin, 8:23 – réveil difficile ce matin. Toute la nuit ma tente s’est faite baladée par le vent et les averses se sont enchainées.

Quand le réveil a sonné à 7h, il pleuvait encore; je me suis donc accordé une heure de plus.

Ce matin, le vent est violent et j’ai froid, très froid, aux mains. Je commence à me préparer mon petit déjeuner froid, lui aussi, avant de démonter la tente. Ça devrait lui laisser le temps de sécher!

9:20belle erreur! Je viens de me prendre une averse; la journée commence bien: les gants sont trempés et j’ai du ranger la tente encore toute humide.

Après cette nuit horrible, le propriétaire du champ m’a proposé d’aller prendre un thé au pub du village voisin. Je l’ai refusé. La perspective d’une boisson chaude commence à me faire envie, d’autant plus que je n’ai pas pris de café ce matin: il y avait trop de vent, ça aurait été gaspiller du gaz pour rien.

9:37 – je craque et entre dans le pub/bed&breakfast/restaurant pour demander un café. Le pub est vide, mais le petit déjeuner n’est pas encore débarrassé; je choure un yaourt (il pourra toujours servir), puis vais en cuisine pour demander si je pourrais avoir juste un petit café…

Je le bois avec un grand plaisir. Discute avec le gérant, passe aux toilettes, me laver les mains et le visage.

Au moment de partir le gérant me dit qu’il m’offre mon café. (Est-ce que je faisais tant de peine que ça, après cette nuit dehors?!). Il me demande de l’appeler de l’autre coté des montagnes. Tant de gentillesse me touche.

Je quitte le B&B derrière trois jeunes flamands à la “waneugain”. Je les rattraperai plus tard.

12:17 – j’ai presque atteint le col (Connor Pass). Effectivement, il y a trop de brouillard sur le Mont Brandon; ça confirme les dires du gars du B&B.

12:37 – le brouillard, le vent et la pluie m’arrivent dessus alors que je n’ai pas encore atteint le col. Il faut que je continue à monter.

C’est dantesque (je le gardais celui-là, j’étais certains que j’arriverais à le caser!). Le vent souffle, siffle, me chahute de toute part. La pluie tombe horizontalement.

Je me dépêche. Passé le sommet, la pente est très rude. On ne voit pas à 5m. Impossible de trouver le prochain cairn. Je m’aide de la boussole pour trouver la direction principale: mode azimut brutal.

Pendant cette descente, grosse montée d’adrénaline. Je ne fais plus attention à la flotte dans mes chaussures et je galope. Quelques gamelles (et un beau roulé-boulé), mais je n’ai pas le droit à l’erreur.

Je pense aux belges devant moi qui n’ont pas de bâtons… et surtout à celui qui était en converse… je comprends pourquoi certains disent que ce sont des chaussures de PD.

J’arrive en bas tout trempé, mais ce n’est pas fini: les nuages me poursuivent et j’enchaîne les grains. Il y a un autre col à passer; je me dépêche.

15:00 – (?) je ressens le contrecoup de la montée d’adrénaline: je suis complètement vidé. Je n’ai rien mangé depuis le matin et ça fait au moins 2 heures que je galope.

17:30 – (?) pendant l’après-midi, je me suis accordé quelques pauses pour grignoter. Malgré tout, je suis vanné et surtout trempé. Je décide donc de m’arrêter dans une auberge pour y passer la nuit.

On a du tous se donner le mot. Quand j’entre, boueux et dégoulinant, je suis accueilli en héros. Je suis “the man with the red jacket” (l’homme à la veste rouge), celui qui a disparu, mangé par les nuages et est réapparu ici. Le couple de gallois qui était loin devant moi (et dont je ne connaissais pas l’existence jusque là), n’en revient pas. Les anglais qui étaient derrière sont admiratifs et me saluent un par un au fur et à mesure de leur arrivée (ils dont 8!)

On passe la soirée tous ensemble, à discuter de notre aventure de la journée et de celles à venir et plus simplement à rigoler.


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