Etape 6: Cloghane-Castelgregory


Posté le 8 juin, dans Non classé, Trek. Pas de commentaires

Les kilomètres défilent et moi, dans mes notes, je me rapproche d’aujourd’hui. Après la tempête dans la montagne, la journée de mercredi sur la plage parait bien tranquille!

Mercredi 8 juin, 9:57 – le soleil avait fait son retour durant le petit-déj avec mes potes anglais mais il cède déjà sa place a la pluie. Deux anglais débutent leur journée de marche avec la gueule de bois… ils ont un peu de montagne à faire, ça promet!

Pour aujourd’hui la météo prévoit du vent à 34km/h venant du nord-ouest, c’est a dire… plein travers pour moi

11:12 – j’arrive a proximité de la plage. Ne sachant pas ce que me réserve la météo (et apprenant de mes erreurs), je me fais le petit gâteau irlandais que j’avais gardé du déjeuner.

Je croise deux surfeurs quinquagénaires qui me disent de faire gaffe car la marée monte.

Je m’en fous, je veux marcher dans le sable!

C’est vrai qu’elle monte sacrément vite.

11:30 – le sable est plein de méduses. (pour ceux qui ne savent pas… J’ai horreur de ça)

C’est grisant de se dire que cette grande plage de sable fin, la plus grande d’Irlande, 12km de long, est là juste pour moi.

11:49 – les mouettes tournaient à proximité. En m’approchant, je découvre un dauphin mort sur la plage. C’est vraiment étrange (même les dauphin doivent mourir) et triste (un animal noble…). Sa nageoire est sectionnée.

11:58 – je trouve un autre cétacé mort sur la plage…

13:45 – rencontre sur la plage avec un vieux monsieur du pays de galle qui surfe ici depuis 1963. Il me demande si je me dirige vers l’arctique. Il me donne des tuyaux et m’explique pour les dauphins: c’est la faute des pêcheurs et de leurs énormes filets (“hell nets”) si ces animaux meurent ici.

Il m’indique une ville de la côte nord-ouest, Fanore, où l’on peut se baigner avec des dauphins.

14:20 – pause repas sur les dunes un peu à l’abri du vent. Je ne suis pas serein, je vois le grain m’arriver sur la gueule. (un grain, c’est comme un rayon de soleil à travers les nuages… sauf que lui, c’est de la flotte qu’il amène. À force on arrive à les repérer!)

15:00 – Grâce au vent, les mauvais nuages ne me sont pas passés au dessus de la tête.

Depuis 3 jours, je n’ai pas pu mettre mes gants pour me protéger du vent trop fort, à cause de l’humidité. Aujourd’hui il fait suffisamment sec pour les garder. Et pour la première fois en trois jours, j’ai chaud aux mains.

Pour passer le temps sur les longues plages, je dessine des formes avec mes bâtons.

21:18 – la journée aura été presque sèche, mais l’arrivée au lieu de bivouac catastrophique. Au moment de sortir la tente je me suis mangé une grosse saucée. Il était déjà 20h, donc plus beaucoup de temps de soleil devant moi pour espérer faire sécher quoi que ce soit en marchant. J’ai donc du monter en vitesse pour pouvoir m’abriter et protéger le matériel: un vêtement de pluie mouillé c’est l’hypothermie et la mort garantie.

Finalement, ma veste est à peu près sèche, mon pantalon de pluie humide mais dans une position ou l’intérieur devrait rester sec. Et moi je suis au chaud dans le duvet en train de penser à l’étape de demain, la dernière. Celle qui devrait me ramener à Tralee.

D’après la carte, il y a là aussi des plages à traverser mais rien de comparable à celles d’aujourd’hui.

C’était magnifique, presque magique. Le genre de moment où tu tournerais presque sur toi même pour ne rien rater. J’étais seul au monde, ce qui a été assez rare jusqu’à présent, dans des paysages à la limite du réel. Un petit passage d’expédition lunaire sur les dunes m’a fait redescendre sur terre… Je pensais que le moment fort de cette marche était passé (“tempête sur le mont Brandon”), la journée d’aujourd’hui prolonge l’expérience.


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