Le début de la Dingle-way: Tralee à Camp


Posté le 2 juin, dans Non classé, Trek. Pas de commentaires

Je ne sais pas quand ce message vous arrivera. C’est ma première bouteille à la mer.

Jeudi 2 juin, 07:42 – Dernier petit-déjeuner en dur, je suis un peu confus: je multiplie les gestes et les allers-retours inutiles. Petite mise en ambiance, la radio de la cuisine passe “o Fortuna” (carmina burana).

08:37 – j’ai fait la connaissance de Anna, étudiante biélorusse, qui reviens de la marche que je me prépare à faire. Elle me donne des conseils; on échange quelques expériences sur l’Irlande, la randonnée et les voyages. Elle me montre les photos qu’elle avait prises.

08:54 – initialement je voulais décoller à 08:30 mais ma discussion a modifié les plans. Je suis fin prêt a partir: le sac est bouclé, mes chaussures lacées. J’écoute un dernier titre sur mon MP3 (VPC de Féfé,  carrément plus léger que du Carl Orff).

09:28 – décidément je ne peux pas commencer une marche sans l’attaque du chien (cf. mon aventure lapone). Dès la sortie de Tralee un chien se lance à ma poursuite pour finalement s’arrêter à quelques pas de moi. Heureusement, avec mon sac, je n’aurais pas pu courir.

10:10 – je quitte Blennerville. Je suis sur une petite route de campagne peu fréquentée. Un groupe de jogger m’a dépassé je les rattraperai à un moment ou un autre. Le poids du sac commence à se faire sentir mais tout est bien arrimé donc ça reste supportable.

10:50 – après une petite montée (50m de dénivelé avec ce barda, ça fait suer), je rejoins une pistoune qui longe l’estuaire. C’est juste splendide. Je m’arrête à de nombreuses reprises pour en reprendre une dose.

11:50 – je vois trois chevaux qui broutent dans les restes de ce qui a surement été une maison. C’est tout bête dit comme ça, mais moi ça suffit à m’émerveiller.

12:05 – c’est beau. La crique en contre-bas, le vent qui dessine des ondulations sur l’eau.

Les moutons à tête blanche et noire m’observent pendant que je traverse leur territoire

12:36j’étais en train de me poser des questions existencielles sur les biquettes qui me regardaient avec leurs têtes pleines de cornes. J’ai pas eu à me poser la question longtemps. Une d’elle a pris la fuite quand elle a réalisé que j’arrivais dans son dos.

Depuis tout à l’heure, je marche sur une piste en cailloux, ce qui est loin d’être agréable…

13:01les cailloux que je maudissais il y a quelques minutes à peine sont devenu mes amis. Après avoir passé une rivière, je me retrouve a gravir une colline toute spongieuse… Moi qui voulais m’arrêter manger…

13:50 – j’ai finalement trouvé un coin où me poser. C’est calme et la vue sur l’estuaire est magnifique. Mon café chauffe, je vais bientôt pouvoir repartir

14:31je découvre un cairn à l’image du reste du pays, fait pour durer.

Quand est ce que je sors de la colline spongieuse?!

14:34 – je tombe sur une structure étrange censée m’aider à passer des barbelés… Comment ça marche?!

Il s’agit ni plus ni moins que d’un bête escalier (Qui mine de rien est balaise à passer avec le sac).

Découverte de “l’herbe à mouton”. C’est une fleur qui à la même tête et la même texture que la toison de mes chers amis.

15:29 – j’ai bien marché; il me reste un peu moins de 6km pour arriver à destination. J’aperçois une carcasse de mouton. Es-ce qu’il y aurait des prédateurs par ici?!

15:42 – première vautre. Rien de grave, je baptise un peu plus mon pantalon.

Je trouve un escalier avec le mode d’emploi. Pour qui nous prend-on?!

16:12 – j’entre enfin dans la forêt. Ça devient de plus en plus intéressant. D’après la carte, je devrais trouver un oratoire et un vieux village.

16:26 – après avoir traversé le village en ruine, je trouve l’oratoire (vieille église du 10e siècle) il n’en reste que les murs extérieur.

Un arbre à houx est recouvert de petits rubans. Des offrandes?! C’est pas très catholique tout ça!

17:36 – je commençais a m’inquiéter de ne pas trouver de coin ou dormir car tout est clôturé mais tout a coup je croise un monsieur, nous échangeons trois quatre mots et il m’offre son champ! La classe ;) c’est un peu boueux mais on fera avec.

18:43 – je pars à la recherche de flotte. La parcelle qu’on m’a filé c’était un peu un cadeau empoisonné! Je m’explique, c’est rempli d’herbes très hautes qui cachent un sol irrégulier et un paquet de bouses.

Alors que je me promenais alentour, je découvre que je suis entouré de prairies non exploitées qui auraient fait de très bons emplacements… Les boules. Maintenant Que je me suis installé, j’ai trop la flemme de défaire. Je serais plus exigeant demain.

19:39 – le soleil est enfin revenu. D’après l’agriculteur qui me prêté son “champ” c’est parti pour durer au moins trois jour.  Aujourd’hui ça avait juste été une journée correcte, sans vent ni pluie.

L’étape de demain doit me mener vers les plages du sud de la péninsule. Je m’arrêterais à Annascaul. C’est là-bas qu’un célèbre explorateur irlandais, Tom Crean, s’est retiré quand il eut estimé qu’il en avait fait assez… Pour info, ce monsieur a donné son nom à une montagne de l’antarctique.

21:06 – je suis dans la tente. Ça a été toute une gymnastique pour m’installer et essayer d’en répandre le moins possible… mais à ce stade c’est difficile. Dans quelques jours, quand j’aurais bien mangé, tout se passera mieux.

De là où je suis j’entends les oiseaux qui chantent et les moutons qui leur répondent en bêlant.


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