Etape 4: Dingle-Ballycurane


Posté le 2 juin, dans Non classé, Trek. Pas de commentaires

De retour dans la civilisation après avoir marché la Dingle way dans son intégralité. Fatigué mais heureux. Vivant dans tous les sens du terme.
Retour sur la journée de lundi où j’ai essayé de faire un peu d’hors-piste… avec une réussite toute relative!

Lundi 6 juin, 8:40 – cela fait 30 minutes que je suis prêt, mais je quitte seulement le Rainbow Hostel. Il y a des lieux comme ça où on se sent bien.

Pendant le petit-déjeuner, une bagarre d’ivrogne a failli éclater (c’est tôt effectivement, mais c’est l’Irlande et aujourd’hui c’est férié): 3 gars un peu trop pleins s’étaient incrustés dans la tente d’un 4e qui est venu dans la cuisine tout paniqué!

9:21 – pour éviter les zones trop fréquentées et gagner un peu sur mon étape, j’emprunte aujourd’hui un chemin alternatif, la “pilgrim way”.

Je ne pensais pas que ce chemin serait si étroit: j’arrive dans des zones où je passe à peine avec mon gros sac!

9:32 – mauvaise reco. En plus d’un muret, il me faut passer un faisceau de barbelés pour aller plus avant sur la “voie du pèlerin”.

Avec le sac, c’est tout de suite plus compliqué. Gros stress: si je m’accroche le mollet, on ne me retrouvera pas avant un moment!

9:46 – en fait je suis rentré dans un champ. Je me suis mangé une grosse décharge électrique pour en sortir… et là il faut encore que j’escalade des grilles.

Pour ne rien arranger, il commence à pleuvoir.

13:01 – il pleut à grosses gouttes depuis ce matin.

J’ai rencontré des chiens de bergers peureux qui ont voulu m’attaquer: un regard et ils s’enfuyaient. Puis ils ont essayé de la jouer plus fine et de m’encercler; on ne me la fait pas, petits vicieux. Dès que j’ai eu fini ce que j’avais à faire chez eux (passer en mode pluie), je me suis sauvé.

Un énorme taureau au regard belliqueux m’a dissuadé de poursuivre plus avant sur la « pilgrim way ».(c’est dingue de voir comment les vaches peuvent devenir méchantes en présence d’un mâle).

J’ai pu récupérer la piste plus tard… mais quelle galère! Il y avait bien des jalons, mais personne n’avait du l’emprunter depuis bien longtemps: j’ai traversé des champs avec de l’herbe au dessus du genou. Et quand il vient de (bien) pleuvoir, c’est un bonheur.

Je ne vais pas me plaindre, car tout ça m’a mené à l’oratoire de Gallarus, splendide église du 7e siècle en forme de bateau renversé. C’est le seul oratoire de la sorte à être aussi bien conservé!

Je mange à son pied.

16:08 – je suis maintenant sur de magnifiques falaises, un peu avant Ballydavid. Le paysage est magnifique… Sauf que je suis sous un gros grain. Ça donne à la scène des allures de fin du monde. J’adore.

19:18 – je me prépare à manger. J’ai en face de moi l’objectif pour demain: le Mont Brandon. Tout va dépendre de la météo. Cette ascension est un “bonus” de 400m de dénivelé en plus des 21km et de leur quelques 700m de grimpette. On verra. Il faut encore que je potasse les cartes et réactualise tout ça.

Ce soir, je dors dans un champ, c’est parfait.

Je ne sais pas si c’est la météo exécrable, l’arrêt à Dingle avec des humains ou une toute autre chose, en tout cas, je me sens tout raplapla. Presque triste. Presque l’envie de décrocher le téléphone et d’utiliser mon “appel à un ami”. Mais non.

19:32 – pour la météo, demain, c’est du tout ou rien j’ai le front nuageux quasi au dessus de la tête. Ça se sent, ici, l’air est très turbulent.

20:56 – Ca doit faire une heure, que je suis dans la tente et les grosses averses s’enchainent. J’ai eu énormément de chance de finir ma soirée au sec et d’avoir pu mettre à sécher quelques affaires. Il faut d’ailleurs que je perfectionne ma technique de nœuds d’ici mon prochain voyage.

Demain, je reprendrais les chaussures mouillées. Trop hâte…


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