La journée où je n’aurais pas été sur les îles de Skellig


Posté le 1 juin, dans Non classé. Pas de commentaires

Un nouveau message pour vous raconter une nouvelle journée d’exploration. J’adore l’Irlande. Il suffit de se perdre pour faire des découvertes.
Demain, c’est le départ pour l’aventure avec de la viande séchée comme nourriture et de l’eau purifiée comme boisson.

Mercredi 1er juin, 08:40 – un appel au proprio du bateau confirme mes craintes. La mer est trop agitée pour que l’on puisse visiter l’île… Le temps de boucler le sac et je dévalise la chocolaterie.

10:07 – ma chocolaterie a brulé fin 2010 et a été obligée de déménager vers la civilisation. Ça explique pourquoi je ne ma trouvais pas. Quelque part ça me rassure: se perdre avant de commencer… Ce n’est pas très glorieux.

Je monte au sommet d’une falaise pour observer les îles que je ne visiterai pas

Ca souffle. Je ne suis pas mécontent d”avoir pris des vrais gants dans mon gros sac.

10:19 – au sommet, quelle claque. On ne voit pas les iles Skellig à cause du brouillard mais la roche déchiquetée vaut le détour en elle-même.

Il y a même un emplacement de camping pour les plus guerriers. Avec le vent qu’il y a, je m’abstiendrai! Si le double toit de la tente s’envole, tu peux lui dire adieu.

Je suis avec un groupe de 3 allemands. On porte tous nos capuches.

11:27 – Je m’arrête pour prendre quelque photo d’une église néo-gothique. Drôle d’ambiance: un village désert et Des dizaines de corbeaux qui hurlent a mon approche. Ca filerait presque les chocottes (pas à moi ;) )

Au moment de partir le gardien de l’église, un très vieux monsieur complètement sourd, sort de nul part puis me baragouine quelques mots en criant et montrant le sol. Moment d’angoisse. Je me dirige vers la voiture, je lui explique que je dois partir. Il bloque la portière.

Il va falloir communiquer. Finalement, il s’agissait d’un malentendu: il voulait juste que je l’aide à faire ses lacets. Je le salue, puis démarre en trombe.

12:50Découverte d’un nouveau château (Ballycarbery Castle). Beaucoup plus grand que le précédent. Je pars l’explorer. Je me sens retourner en enfance. Je me gamelle en voulant aller dans les souterrains; plus de peur que de mal, je m’en rire avec une écorchure à l’avant bras. En guise de sous-terrain. Je découvre une sorte de cellier… qui étais déjà accessible depuis l’extérieur!

Je décide de profiter de cet abri pour me préparer un repas d’aventurier, tout en économisant mon gaz.

Les oiseaux qui nichent ici en ont décidé autrement. Ils piaillent à la mort. Je n’arrive pas à voir de quelle espèce il s’agit. Mais voir tous ces becs qui s’ouvrent et se ferment dans le noir et ces cris qui me déchirent les tympans m’incite à chercher ailleurs. Ce sera un escalier.

13:57 – Nouveau fort circulaire. Moins impressionnant que le premier. Il est situé a proximité des habitations, ce qui lui retire surement une bonne part de son mystère. A l’intérieur une plus petite fortification protège deux stèles.

En redescendant je me trompe de chemin et fini au milieu d’un bourbier (au sens propre du terme). Quand je vois comment je vais faire ma lessive (à la main), j’espère ne pas tomber dedans.

Mon vœu est exaucé. Arrivé à 2 m de ma route, il reste une dernière épreuve: 1,5m à franchir. Je joue la prudence, pose le pied sur une touffe d’herbes qui me semblait ferme puis m’enfonce. Ma chaussure gauche est cradée et trempée… Je la rince dans un ruisseau. Vais-je le regretter?

14:20j’ai utilisé toutes les ressources à ma disposition et j’ai fait preuve d’ingéniosité pour régler mon problème de chaussure: j’ai mis le chauffage et la ventilation de la voiture à fond et j’ai dirigé le tout vers mon pied. Ça à l’air de faire effet.

Je me perds sur une route secondaire qui fini en cul de sac: la route est fermée pour une raison inconnue. J’arrête la voiture et marche le long du chemin pour le découvrir. A la place de ma réponse, je tombe sur une grosse structure en ruine avec un clocher. Elle est entourée d’arbres effondrés.

L’ensemble a l’air instable. On entend les arbres qui couinent au passage du vent. J’en reste bouche bée. J’ai l’impression d’être un explorateur. Je me fraie un chemin au plus près du bâtiment.

18:26 – j’ai rendu la voiture et pris le bus pour Tralee. Arrivé à l’auberge, je me suis empressé de récupérer le code wifi. Ce petit quart d’heure “social” ou je lis les messages que j’ai reçu fait bien plaisir.

En traversant Tralee, j’ai pu me rappeler a quel point mon sac était lourd. Ce soir il faudra que je l’équilibre.

Le beau temps est revenu et d’après les prévisions, ça devrait durer jusqu’au week-end. Ça me convient parfaitement.

Le temps passe, il ne faut pas que  j’oublie ma glace.

19:40 – je n’ai pas vu le temps passer: entre du ménage dans mon sac et un rapide tour en ville, c’est déjà presque l’heure de la fermeture des magasins. Je me dépêche, mais en vain: le supermarché que j’avais repéré a fermé depuis  moment; les horaires de campagnes sont différents. Je ne désespère pas et fait le tour de la ville a la recherche d’un vendeur de glace.

21:00 – gagné! Je savoure mon dessert avec un bon coca light. A partir de demain, les repas seront moins variés et les extras limités…

21:07 – c’était tellement évident pour moi que je ne l’ai surement pas écrit. Demain les choses sérieuses commencent: je prends la route avec mes petites pattes pour faire le tour de la péninsule de Dingle. Fin prévue le 10 juin après 200km et 8 jours de marche. Si la météo est de mon coté, je ferais une pause sur les Îles Blasket le 5 ou le 6. Fini les joies du wifi et des douches chaudes d’ici là.

Concrètement demain je me rends un peu au sud du village de Camp, à 18 km d’ici.


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