Premières rencontres dans le parc de Padjelanta


Posté le 26 janvier, dans Trek. 2 Commentaires

Poursuite des aventures le long de Padjelantaleden avec cette deuxième étape riche en rencontres et en enseignements.

Samarlappa – Cette fois, nous n’avons pas fait la même erreur qu’hier : arrivés au refuge, nous avons demandé à son gardien s’il ne connaissait pas un endroit super sympa où planter nos tentes. Nous sommes encore au bord de l’eau, à proximité du refuge de Samarlappa. Je suis dans la tente et mon duvet, à la recherche d’une position confortable d’où conter mes dernières journées. Je me demande si cette position confortable existe réellement !

La nuit d’hier a été vraiment difficile : notre campement était au bord d’un lac et au milieu d’une forêt ; toute la nuit, j’ai appréhendé une rencontre avec un ours et j’ai à peine eu droit à une nuit en pointillé ! Aujourd’hui, ça devrait le faire, nous sommes à 500m d’un refuge, dans une petite zone dégagée un peu au-dessus d’une rivière. J’entends d’ailleurs son eau qui coule1.

Cette étape a été difficile. J’avais pris confiance après le premier tronçon d’hier, mais aujourd’hui, j’ai repris conscience de la difficulté de la piste. J’ai passé le plus clair de la journée en forêt dans un sol détrempé, marqué par le passage des randonneurs au cours de la saison. Quand nous n’étions pas en forêt, nous traversions des pierriers ou des ruisseaux à gué. Un exercice qui demande une concentration de tous les instants. A plusieurs reprises, j’ai failli tomber, entrainé par le poids de mon sac2 et le manque d’adhérence du sol…C’est sur les caillebotis que la marche est la plus dangereuse : ils donnent parfois une fausse impression de stabilité alors qu’ils sont humides, glissants ou mal fixés !

Ces caillebottis sont la marque de fabrique de cette piste3. Il s’agit de deux planches posées généralement en zone difficile ou en marais pour faciliter le passage et protéger l’environnement. D’après le gardien du refuge avec qui nous avons discuté ce soir, en français (!), on en trouve sur la plupart des treks suédois. Ce charmant monsieur qui n’avait pas vu de français depuis plusieurs années4 nous a expliqué que « Padjelanta » signifiait « pays haut » en same (la langue des samis, les autochtones qui peuplent la Laponie). C’est une référence à l’altitude plus élevée de cette région où les samis nomades amenaient leurs troupeaux de rennes pour le pâturage d’été. Il nous a aussi expliqué que ce que l’on prenait pour des crottes de rennes depuis deux jours étaient en fait des crottes d’élan5 !

Au niveau des désagréments, il n’y a pas grand-chose à indiquer. Je n’ai pas la moindre ampoule malgré l’humidité du sol qui pénètre dans mes chaussures (merci Lafuma !). Mon sac à dos commence à peser : j’ai une douleur quasi permanente au niveau des trapèzes et le remettre est une sorte de torture. Quant aux moustiques, ils ne me piquent que rarement ; malheureusement, ce n’est pas le cas de ma compagne de route qui commence à ressembler à Coluche dans Banzai.

Ce matin, nous avons fait la rencontre d’un papa suédois et de son fils d’une douzaine d’années. Ils étaient en fin de parcours et le petit s’en était très bien sorti ! Ils sont fous les blonds. Quant au père, il nous racontait qu’il était un habitué de ce par cet qu’il en était déjà à plusieurs expédition hivernales, notamment dans le Sarek. Respect

En plus de cette famille suédoise, nous avons discuté avec la gardienne du refuge de Tarrekaisen. Elle a un peu démystifié l’ours suédois : il est là, évidement, mais il est timide et surtout, il n’a pas encore compris, contrairement  à son cousin nord-américain, qu’une tente était une sorte de garde-manger débordant de nourriture. Elle en a profité pour nous faire un topo sur la faune locale confirmant que j’avais bien rencontré des lemmings !!! (un mignon mélange de souris et de hamster : une boule vive et très courte sur pattes)

Je pense que je vais m’arrêter là pour ce soir. L’étape de demain m’amènera à Tarraluoppal à 15km d’ici. Cela ne va pas être de la tarte : il y a 6km en forêt, probablement aussi détrempé qu’aujourd’hui. On verra bien.

En tout cas, cela me plait bien, cette plongée dans cette nature vierge et ces échanges simples sans attentes particulières avec des personnages authentiques et haut en couleur.

J’oubliais : j’ai pu tester les toilettes sèches. Donc à compter de ce jour, j’ai officiellement le droit de me moquer des extrémistes de l’écologie…

  1. Après 10 jours passé à dormir en bord de rivière, le clapotis de l’eau devient tout de suite moins exotique []
  2. Le sac est lourd car Padjelantaleden est une piste qui se pratique uniquement en autonomie ! pas question ici de compter sur le ravitaillement des huttes STF… et donc il faut porter ! []
  3. On en retrouve également dans tous les autres sentiers suédois traversant des marais ou des prairies inondées à préserver. Mais on fera comme si, c’était spécifique de Padjelantaleden []
  4. Aucun français n’est allé dans le Padjelanta ces dernières années ? []
  5. Dis comme ça, ça paraît ridicule, mais quand tu es au milieu de la nature, la recherche des animaux devient une activité à part entière… et rencontrer un élan, un loup ou un ours, c’est un peu les plus belles rencontres que l’on puisse faire dans la nature []

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