Premier contact avec les rennes de Laponie


Posté le 15 mars, dans Trek. Pas de commentaires

Un trek en Laponie, c’est un peu marcher sur les pas du Père Noël… pour que l’expérience soit complète il faut absolument avoir vu ses rennes. C’est justement ce qui m’est arrivé ce jour-là où je les ai approché de très près. On y va?

Quelque part entre Tuottar et Staloluokta – La journée d’aujourd’hui avait super bien commencé. D’accord, j’avais passé une nuit en pointillé pour d’obscures raisons, mais dès le réveil, j’ai été accueilli par un grand et beau soleil. Niveau météo, c’était sans conteste la plus belle journée depuis le départ ! Donc c’est sous un soleil à la chaleur agréable que nous avons quitté notre camp à proximité de Tarraluopal. Après les préparatifs et rangements d’usage, nous avons pris la route pour Tuottar, situé à 11 km de là.

La première heure du parcours était en montée, mais elle s’est faite toute seule : devant nous se trouvait un couple de rennes et leurs deux petits. Nous les avons suivis tranquillement à une cinquantaine de mètres. Lorsqu’ils se sont éloignés pour de bon, le terrain est redevenu plus facile.

Aujourd’hui, ça a été la journée « montagne ». Nous sommes resté en hauteur après cette première côte et nous avons découvert des lacs de montagnes tous plus beaux les uns que les autres. Je ne savais plus où donner de l’appareil photo.

Cette étape s’est vraiment bien passée. Elle s’est tellement bien passé qu’à 13h nous sommes arrivés au refuge de Tuottar qui était notre destination. Nous y avons trouvé deux rennes que nous avons essayé d’approcher, mais sans succès. Après une brève pause, j’ai proposé de poursuivre car le refuge était sur des hauteurs et qu’il commençait à venter. L’objectif était de s’éloigner de ces couloirs à vent et trouver un endroit sympa pour bivouaquer .

Après l’échange, devenu habituel, avec le gardien du refuge nous avons quitté ce « relai », seule trace de civilisation avant plusieurs heures de marche. A peine nous en sommes-nous éloigné que nous avons eu à traverser nos deux premières rivières. La première était guère plus difficile que les quelques ruisseau déjà rencontré : il a suffi de jouer à saute caillou et de mouiller un peu le bout de mes « bottes » pour la traverser. Je suis vraiment content de l’acquisition de cette paire de chaussures: elles sont super agréables à porter, ne me font pas d’ampoules et sont relativement étanches. Pour en revenir à mes rivières… la deuxième était un peu plus sportive car il a fallu tomber les chaussures, mettre les baskets et retirer le bas du pantalon. Au final, j’ai seulement eu de l’eau au-dessus des chevilles mais quand même ! Au total, il nous a fallu pas loin d’une heure pour effectuer ces deux franchissements et nous ré-équiper.


Là où les choses ont commencé à se corser, c’est qu’après avoir passé ces deux rivières, le vent n’a pas faibli et que nous n’arrivions pas à trouver de lieu plat et abrité du vent, propice au bivouac. Nous avons fait l’erreur de faire le pari que ce lieu idéal, ce site de bivouac parfait, arriverait très vite et avons repoussé la pause déjeuner. L’heure et la fatigue avançaient en même temps que la force du vent s’intensifiait (pas loin de 30 nœuds !) et que le ciel se chargeait de nuages noirs menaçants et de quelques gros cumulo-nimbus. Je ne me souvenais pas trop de mes cours de météo mais voir le ciel des beaux jours d’un côté et celui des mauvais de l’autre m’a tout de suite fait penser à un « front ». A ce moment-là, on a réagi et on s’est dit qu’il fallait vraiment planter la tente avant que le ciel ne nous tombe sur la tête.

Tels des désespérés, nous avons fouillé chaque creux et bosse à proximité de la piste pour tenter de trouver un coin à l’abri du vent… en vain ! En désespoir de cause, nous nous sommes arrêté sur un champ de baies violacées ressemblant à des myrtilles et avons planté le camp. Nous ne sommes pas protégés du vent, mais le sol est sec et nous n’allons pas être dans le chemin de ruissellement de l’eau en cas de grande pluie. Nous sommes donc à l’abri des soucis venant par le sol. Pour ce qui est du vent, la tente1 est sacrément baladée ! Et pourtant, je l’ai planté dans la même direction que lui. C’est vachement turbulent. Mon sac à dos est bouclé et je suis prêt à partir, au cas où.

Au niveau des bonnes nouvelles, le vent m’a permis de m’approcher à moins de 10 m d’un renne sauvage, en jouant à 123 soleil : à chaque fois que le renne regardait ailleurs, j’en profitais pour avancer et je me figeais dès qu’il regardait dans ma direction. C’était marrant comme jeu. Je regrette presque de ne pas avoir pris de télé-objectif. Il faudrait d’ailleurs que je m’équipe d’un brelage et d’une sacoche orienté rando/aventure pour mon appareil chéri. L’autre évènement sympatrique est la découverte d’une paire de bois de renne et d’un troisième bois perdu. Je vais essayer de les ramener à la maison, si cela ne pose pas de problèmes en douane2.
Maintenant, il n’y a plus qu’à attendre que le gros temps passe.

Je suis content de ce voyage et j’apprécie Céline, mais j’ai encore plus envie, maintenant, de partir en solo pour de vrai. J’ai fait de très belles rencontres jusque-là, que je dois encore raconter, et il me tarde de reproduire cette expérience, sans filet.

Pour info, il est maintenant 19h42 et je me trouve à 500 mètres de la piste, à 8km de Tuottar et 10km de Staloluokta.

  1. T2 Ultralight Pro de Décathlon []
  2. Mission accomplie ! Les bois sont chez moi et ils font toujours leur effet []

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